—Oui, Irma, ma nièce.

—Elle déjeune là.

Sans façon, Théophile pénétra. On se mettait à table.

—Bonjour, Irma; bonjour, monsieur. C'est pas pour dire, ma pauvre Irma, mais t'as bougrement changé depuis trente ans! Quand je t'ai quittée, t'avais l'air d'une rose mousseuse, maintenant on dirait une vieille goyave!

Le mari d'Irma faisait une drôle de tête. Un sale type le mari d'Irma, un de ces petits rouquins mauvais, rageurs, un de ces aimables officiers ministériels dont le derrière semble réclamer impérieusement le plomb des pauvres gens.

Irma non plus n'était pas contente.

Bref, Théophile fut si mal accueilli qu'il rechargea son sac sur ses épaules et revint sur le port.

Il déjeuna dans une taverne à matelots, paya des tournées sans nombre et se livra lui-même à quelques excès de boisson.

Le soir était presque venu lorsqu'il songea à rendre visite à Constance, sa seconde nièce.

Une femme des champs, pensait-il, je vais être accueilli à bras ouverts.