—Comment, c'est toi, ma pauvre Nanette! Oh! combien engraissée!

—Oui, je suis devenue un peu forte!

Je l'avais connue, voilà sept ou huit ans. C'était, à cette époque, une gamine ébouriffée et toute menue. J'aurais pu, semblait-il, la fourrer dans la poche de mon ulster.

Apprentie dans je ne sais quel atelier de Montrouge, elle fréquentait plus assidûment le Luxembourg que sa boîte, et je ne me lassais pas d'admirer la longanimité de ses patrons qui acceptaient bénévolement d'aussi longues et fréquentes disparitions.

Et gaie avec cela, et maligne!

Un beau jour, elle avait disparu sans crier gare, et je ne l'avais jamais revue.

J'étais émerveillé de la retrouver ainsi changée, et surtout considérablement augmentée.

Je ne m'en cache pas, j'adore les jeunes femmes un peu fortes, mais je les préfère énormes et voici la raison:

J'ai un faible pour la peau humaine lorsqu'elle est tendue sur le corps d'une jolie femme; or, j'ai remarqué que les grosses personnes offrent infiniment plus de peau que les maigres. Voilà.

Mon amie était dans ce cas, et tandis qu'elle me racontait son histoire et sa métamorphose, je l'enveloppais d'un regard gourmand et convoiteur.