À l'occasion de cette solennité, j'avais été invité à un bal de camarades, costumé, naturellement.
On sait que j'ai beaucoup d'imagination; aussi tous les amis m'avaient dit: «Tâche de trouver un costume drôle.»
Et je me déguisai, dès le matin, en hussard rouge de Monaco.
Vous me direz qu'il n'y a pas de hussards rouges à Monaco; qu'il n'y a même pas du tout de hussards, ou que, s'il y en a, ils sont généralement en civil.
Je le sais aussi bien que vous, mais la fantaisie n'excuse-t-elle pas toutes les inexactitudes?
Tout en me contemplant dans la glace de mon armoire (une armoire à glace), je me disais «Tiens, mais ce serait véritablement l'occasion d'aller voir ma petite dame blonde. Elle n'aura rien à refuser à un hussard rouge d'aussi belle tournure.»
Le fait est, entre nous, que j'étais très bien dans ce costume. Pas mal du tout, même.
Je dîne de bonne heure.... Un bon dîner, substantiel, pour me donner des forces, arrosé de vins généreux, pour me donner du... toupet.
Je boucle mon ceinturon, car j'avais un sabre, comme de juste, et me voilà prêt pour l'attaque.
En arrivant près de la maison de mon adorée, j'aperçois le mari qui sort.