On peut, en effet, avoir des fausses dents, des nattes artificielles, des hanches et des seins rajoutés, mais on conçoit qu'on ne peut avoir, d'aucune façon, une taille postiche.

Mais ce cuirassier, qui n'était d'ailleurs que de 2e classe, était aussi peu au courant de l'anatomie que des artifices de la toilette, et il continuait à murmurer, très ahuri:

«Ça doit être postiche.»

Ils étalent arrivés aux boulevards.

Le couple prit à droite et, bien que ce ne fût pas son chemin, le cuirassier les suivit.

Décidément, non, ce n'était pas possible, cette taille n'était pas une vraie taille. Il avait beau, le grand cavalier, se remémorer les plus jolies demoiselles de son chef-lieu de canton, pas une seule ne lui rappelait, même de loin, l'étroitesse inouïe de cette jolie guêpe.

Très troublé, le cuirassier résolut d'en avoir le cœur net et murmura:

«Nous verrons bien si c'est du faux.»

Alors, se portant à deux pas à droite de la jeune femme, il dégaina.

Le large bancal, horizontalement, fouetta l'air et s'abattit tranchant net la dame, en deux morceaux qui roulèrent sur le trottoir, tel un ver de terre tronçonné par la bêche du jardinier cruel.