Par une nuit sombre, aidé de Plumard, son dévoué brosseur, il arriva sur le champ de foire, lequel n'était troublé que par les vagues rugissements de fauves mélancolieux.
En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, il attela à la roulotte de la grosse dame deux chevaux appartenant au gouvernement français, déchaîna les roues, fit sauter les cales....
Et les voilà partis à grande allure vers la campagne endormie.
Rien d'abord ne révéla, dans la voiture, la présence d'âme qui vive.
Mais bientôt, les dernières maisons franchies, une fenêtre s'ouvrit pour donner passage à une grosse voix rauque, coutumière des ordres brefs, qui poussa un formidable: Halte!
Les bons chevaux s'arrêtèrent docilement, et Puyrâleux se déguisa immédiatement en tringlot qui n'en mène pas large.
La grosse voix rauque sortait d'un gosier bien connu à Vernon, le gosier du commandant baron Leboult de Montmachin.
Prenant vite son parti, Puyrâleux s'approcha de la fenêtre, son képi à la main.
À la pâle clarté des étoiles, le commandant reconnut le brigadier:
—Ah! c'est vous, Puyrâleux?