M. Balthazar poursuit son travail dans cet esprit d'une impitoyable logique. Il démontre péremptoirement que les larmes ne sauraient avoir le goût de fromage, ni de groseille, ni de haricot de mouton, ni de tabac à priser, etc., etc...

Sa conclusion est certainement une des plus belles pages qu'on ait écrites en français depuis ces vingt dernières années.

[LES VÉGÉTAUX BALADEURS]

Il me faut encore revenir une fois sur cette étrange question des plantes qui marchent, question magistralement soulevée par notre ami Octave Mirbeau et brillamment poursuivie par celui qui écrit ces lignes.

Les chroniques que j'ai consacrées à ce phénomène et à la xylose de la gueule-de-loup m'ont valu un monstrueux courrier.

C'est à qui me signalera, dans cet ordre d'idées, des observations plus ou moins bizarres.

Impossible, à moins de transformer ce volume en un massif in-folio, de parler de chacune de ces communications.

Mais, dans le tas, deux épîtres m'ont paru dignes d'une sérieuse publicité.

La première émane d'un savant autrichien, le docteur Margulier (Vien IV, Technikerstrass, 5), qui veut bien apporter sa contribution à ce chapitre de botanique.

«Je ne connaissais pas, dit en substance le docteur Margulier, le cucumis fugax signalé par M. Mirbeau et par vous, mais le fait n'a rien qui puisse me surprendre, moi qui ai vu, dans les Indes, des forêts entières se déplacer à raison de trois ou quatre cents pieds par jour.