Un drosera (plante carnivore, comme chacun sait) fut arrosé avec du sang d'antilope. Après huit jours de ce traitement, le drosera filait un beau soir avec la rapidité du zèbre lancé d'une main sûre.

Une autre plante, arrosée avec de la soupe à la tortue (turtle soup), se mit à se promener dans le jardin, mais plus lentement, comme de juste.

Quant au court-bouillon, dans lequel on avait fait cuire des écrevisses, rien ne fut plus comique, dit mon correspondant—et je n'ai aucune peine à le croire—que de contempler les arbustes soumis à cet arrosage se mettre à marcher à reculons.

Mon correspondant ajoute d'ailleurs qu'il met la dernière main à un livre où sont consignées, tout au long, ces curieuses observations.

Cet ouvrage paraîtra prochainement chez Charpentier et Fasquelle et sera intitulé: les Horticoles.

[L'AUTO-BALLON]

Ce pauvre Captain Cap commençait à me raser étrangement, avec ses aérostats, ses machines volantes, planantes et autres, qui m'indiffèrent également.

J'allais prendre congé sur un quelconque motif, quand un gentleman d'aspect robuste, et qui avait semblé prendre un vif intérêt aux grandes idées de Cap, se leva, s'approcha, nous tendant le plus correctement du globe sa carte, une très chic carte de chez Stern, sur laquelle on pouvait lire ces mots:

Sir A. Kashtey
Winnipeg.

Nous aimons beaucoup le Canada, Cap et moi, et la rencontre d'un Canadien, même d'un Canadien anglais, nous transporte toujours de joie.