Vous pensez bien que si M. de Candolle n'a rien trouvé à dire sur cette question, ce n'est pas un pauvre petit gas comme moi qui éclairera les masses botanisantes.
Seulement, je pense que si le roseau apprenait la frousse énorme qu'un simple mouton peut infliger à
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts,
il rirait bien, le souple et charmant roseau.
[PHÉNOMÈNE NATUREL DES PLUS CURIEUX]
Les commentaires que j'ai publiés, naguère, relatifs à une saisissante chronique de Mirbeau, où il était question d'un vieux jardinier qui jouait du piston pour embêter son hibiscus et de concombres qui s'enfuyaient dès qu'on les appelait, m'ont valu mille communications diverses et des plus intéressantes, émanant d'horticulteurs et grands propriétaires fonciers.
Le cas d'un arbuste musicophobe et celui d'un potiron vadrouilleur sont loin, paraît-il, d'être des cas isolés.
Impossible, malheureusement, de citer tous ceux que me communiquent mes aimables correspondants.
Je n'en veux retenir qu'un seul dont je fus témoin.
J'avais reçu, la semaine dernière, un mot de M. Edmond Deschaumes, m'invitant à me rendre compte, par moi-même, d'un fait insignalé jusqu'alors par les botanistes.