Diverses substances hygiéniques et même pharmaceutiques seront incorporées dans la colle du timbre et permettront à maint employé de grande administration de suivre un traitement sans manquer son bureau.

La liste de ces drogues vient d'être définitivement arrêtée par un commission spéciale de médecins présidée par un praticien dont nul ne songera, je crois, à discuter la haute compétence: j'ai nommé le docteur Pelet.

Nous aurons des timbres au baume de tolu pour ceux qui toussent, d'autres au bicarbonate de soude pour les gastralgiques, à la digitale pour les cardiaques, etc., etc.

Messieurs les pharmaciens ne seront pas contents. Je le regrette pour eux; mais citez-moi, je vous prie, un progrès quelconque qui ne fasse pas des victimes.

La dépense entraînée par toute cette droguerie philatéliste sera amplement compensée par un accroissement notable dans le chiffre des affaires.

Quels parents,—pour ne citer que cet exemple,—hésiteront à pousser leur jeune fille chlorotique dans la voie d'une correspondance effrénée, quand ils sauront que, grâce aux timbres ferrugineux, la santé est au bout et que, bientôt, la chère enfant verra refleurir sur ses pauvres petites joues pâles les vives couleurs d'antan?

Une autre réforme dont il convient de féliciter M. le ministre des postes et télégraphes, c'est le remplacement de la Caisse d'Épargne Postale par la Caisse d'Epargne Télégraphique.

Avec l'ancien système, un capital exigeait environ quinze ans pour se doubler.

Télégraphiquement, la même somme sera doublée en cinq ou six mois (selon la saison).

Une bonne nouvelle, pour terminer: