Sorti de ces accès de méchanceté bête, et d'une fâcheuse tendance à se mêler des affaires des autres, le Salbecquois retombe dans sa torpeur.
Et pourtant, par une belle journée d'été, Salbec se réveilla.
Quelques habitants grouillèrent, se réunirent dans les cafés, nommèrent des présidents d'honneur et décrétèrent qu'il fallait faire quelque chose.
Quelque chose! Oui, mais quoi?
Organiser des fêtes! Oui, mais quelles fêtes?
Les uns voulaient un concours d'orphéons, les autres des régates; certains parlaient de courses de vélocipèdes, et chacun n'entendait pas démordre de son idée.
Pour en finir, on décida de convoquer dans une salle de la mairie toutes les personnes que la question intéressait, et de nommer un comité des fêtes chargé de ramener dans Salbec l'animation, la gaieté et les affaires.
Parmi les candidats aux fonctions de comitard, se trouvait un monsieur fort riche et récemment installé dans le pays.
Pour une raison ou pour une autre, ce gros rentier ne fut point élu, déboire qui lui causa une irritation plus vive que ne le comportait un aussi mince sujet.
—Ah! c'est comme ça, vitupéra le monsieur riche. Eh bien! je me vengerai.