NOUVELLES ET GRAVES COMPLICATIONS DIPLOMATIQUES
Le conflit égypto-anglo-français, loin d'entrer dans la voie d'apaisement si souhaitée par tous les bons esprits, vient, au contraire, de s'aviver cruellement d'un élément nouveau.
Laissant aux diplomates des deux côtés de la Manche le soin d'arranger cette regrettable et cuisante affaire, contentons-nous de relater les faits, sans y ajouter la moindre passion personnelle.
Le sirdar Kitchener, débarqué, hier, à Paris, en vue d'y passer quelques jours, fit, au débotté, une visite à l'ambassade britannique.
Les propos qui s'échangèrent entre lord Kitchener et sir Edmund Monson, nous les ignorons: ils n'ont, très probablement d'ailleurs, aucun rapport avec ce qui se passa ensuite.
Le Sirdar sortit, vers quatre heures, de l'ambassade et gagna l'avenue des Champs-Élysées qu'il descendit jusqu'à la place de la Concorde.
Dès qu'il fut arrivé là, les regards de notre gentleman furent attirés par ce monolithe si connu des Parisiens et qu'on désigne sous le nom un peu arbitraire, d'ailleurs, d'Obélisque de Louqsor.
D'un coup d'oeil, l'Anglais devina l'origine du monument.
Il s'en approcha, en fit le tour, remarqua la présence, en dedans de la grille, d'un homme entre deux ou trois âges, vêtu de l'uniforme classique de nos gardiens de monuments.
Le chapeau à la main, et sur le ton de la plus exquise politesse: