Tout effarouchement de leur part disparut, et, même, ils accouraient au moindre appel de leur nom.

Le capitaine Adrien de Gerlache eut un jour l'idée d'utiliser ses élèves au remorquage de ses canots et de faire ainsi concurrence à ses propres bear-boats.

(Le bear-boat est un léger bâtiment fort en usage dans les contrées arctiques et même antarctiques. Imaginez une barque propulsée par une hélice qu'actionne la rotation d'une cage circulaire mue par un ours blanc qui se trouve à l'intérieur, dispositif analogue aux engins de nos climats actionnés par des écureuils.)

En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, un ingénieux matelot avait taillé, dans la peau des morses, deux superbes harnais qui allèrent, tel un gant, à Léopold et à Cléo.

Et les voilà partis au large avec une vitesse de quinze à vingt noeuds à l'heure, pendant des cinq ou six heures sans dételer.

Malheureusement, la campagne prit fin et le Jules Renard dut regagner Anvers, son port d'attache.

Les adieux furent littéralement déchirants, mais il fallait se quitter, car on apercevait déjà l'embouchure de l'Escaut, rivière universellement connue pour son manque d'hospitalité à l'égard de la baleine.

Mais qu'importe! L'expérience était faite et le premier jalon posé.

M. de Gerlache est retourné au Pôle Sud, il s'y trouve actuellement pour encore deux ans.

Quand il reviendra, nul doute que la question ne soit définitivement résolue.