Il est bon de placer l'arbre au tiers de la pièce où l'on doit se réunir, afin de laisser, en avant, un espace suffisant pour recevoir les invités, grands et petits.
On peut établir, dans un coin de la salle, une sorte de cloison de tentures, faite avec de longs rideaux épais. Derrière cette cloison, on peut placer un piano ou un harmonium autour duquel grands frères et grandes soeurs chanteront des noëls populaires: leurs voix sembleront se perdre dans un lointain mystérieux, et parfois imiter les Anges de Bethléem, annonçant aux bergers la venue du Sauveur.
Il faut, sur le fond de verdure sombre qu'offre le sapin, placer des boules de verre ou de petits miroirs qui refléteront, en mille facettes, la lumière des petites bougies suspendues dans l'arbre. Souvent on sème sur les branches quelques poignées de givre argenté et de neige artificielle; on y ajoute aussi quelquefois de longs fils d'argent qu'on appelle des «cheveux d'ange». Enfin, on accumule, avec art et bon goût, tout ce qu'on peut trouver de petits rubans, de faveurs, et on agrémente le tout de nombreuses bouffettes, de noeuds et de croisettes de bolduc rose[112].
Note 112:[ (retour) ] Grosse ficelle rose, plate.
Quant aux bibelots, jouets et friandises à placer sur l'arbre de Noël, on a le choix, assurément, mais il faut prévoir ce qui fera le plus grand plaisir à l'assistance: les fruits et les jouets à surprises ont toujours le plus grand succès. Les enfants préfèrent souvent les objets peu coûteux aux cadeaux de grand prix: il faut surtout savoir les enjoliver et les présenter, sous les formes les plus gracieuses et les plus attrayantes: par exemple, les petits paniers et les corbeilles seront recouverts de percaline et doublés de satinette rose ou bleue; on collera sur les panoplies des papiers de couleur, des papiers de fantaisie à dessins comiques, etc.
Quelquefois, on place, au sommet de l'arbre de Noël, une étoile lumineuse étincelante de rubis et d'émeraudes, ou un ange de carton aux ailes d'or et aux mains pleines de présents.
On trouve dans les bazars et chez les marchands de jouets tous les accessoires d'un arbre de Noël à des prix très abordables.
Les savants ne sont pas d'accord sur l'origine de l'arbre de Noël: les uns le font remonter au temps du paganisme, les autres lui donnent une origine gauloise, d'autres, enfin, le font venir des plus pures traditions germaniques.
Origine payenne. L'arbre de Noël, suivant une légende, remonterait aux peuples payens, qui célébraient, par des réjouissances, les derniers jours de l'année. Le sapin, «roi des forêts» [113], comme disent encore certains chants populaires allemands, recevait alors un culte idolâtrique: des sacrifices humains avaient même arrosé ses racines. Cependant, il faut observer que, parmi les nombreuses espèces d'arbres pour lesquels les anciens Germains avaient un culte, on ne vit jamais figurer le sapin. Il faut aller jusqu'à l'extrême Scandinavie où, dans les temps payens, lors des fêtes de Youl[114], célébrées à la fin de décembre, en l'honneur du retour de la terre vers le soleil, on plantait, devant la maison, un sapin auquel on attachait des torches et des rubans de couleur.
Note 113:[ (retour) ] Il faut visiter les belles forêts du mont Saint-Odile, en Alsace, pour voir que le sapin mérite bien ce titre d'honneur.