C'est peut-être en Alsace qu'il faut chercher l'origine de l'arbre de Noël. Dans ce pays, les charmes de la poésie ont enveloppé tous les actes de la vie publique et privée.
Nous trouvons la plus ancienne mention de l'arbre de Noël dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605. On y lit le passage suivant: «Pour Noël, il est d'usage, à Strasbourg, d'élever des sapins dans les maisons; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc.»[116].
Note 116:[ (retour) ] Auf Weihnachten richtett man Dannenbaümen zu Strasburg in den Stuben auf, daran hencket man rossen auss vielfarbigen. Papier geschnitten, Aepfel, Oblaten, Zischgolt, Zucker (Rietschel, I. C., p. 144).
En 1765 encore, Goëthe se trouvant à Leipsick, chez un ami, en face d'un arbre de Noël, exprime la surprise que lui cause ce spectacle qu'il voyait pour la première fois.
L'un des plus anciens vestiges de cette coutume se trouve dans l'Essence du Catéchisme que publia, vers le milieu du XVIIe siècle, le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg. Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d'un sapin. Il déclare qu'il ignore d'où cet usage, qu'il blâme fortement, a pu tirer son origine[117].
Note 117:[ (retour) ] Katechismusmilch (le lait du Catéchisme), 1642-1646, cité par Rietschel. I. C., p. 145.
L'arbre de Noël fut introduit à Paris, en 1840, par la princesse Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans, et favorisé plus tard par l'impératrice Eugénie.
Dans cette même année, le prince Albert, époux de la reine Victoria, l'introduisit au palais royal de Buckingham, à Londres, et le mit en honneur dans l'aristocratie et la bourgeoisie anglaise.
Cette touchante et délicieuse tradition de l'arbre de Noël, perpétuée à travers les âges, semble aujourd'hui plus vivace encore que jamais. La preuve en est dans l'immense quantité de sapins qui, dès l'aube, chaque année, sont alignés sur les deux côtés de la Madeleine, à Paris.
Les sapins!... Ils sont là des centaines, des milliers, de toute taille, de tout âge. Les uns, tout petits, les autres très grands avec d'énormes racines. Ceux-là, de quelques centimètres de hauteur; ceux-ci atteignant plusieurs mètres.