Pour eun' pomm', pour eun' peire,

Pour un p'tit coup d' cidr' à beire,

Chantons Noé, etc.

Puis, après avoir reçu quelques sous ou quelques friandises, ils s'en vont à une autre porte répéter la même chanson.

Dans certaines paroisses des Hautes-Pyrénées, situées entre Lourdes et Bagnères, les enfants s'en vont, le matin de la veille de Noël, «musiquer» devant chaque maison; on donne à chacun un petit pain fait exprès par la ménagère. Régulièrement, les enfants pauvres seuls devraient aller à cette distribution d'aumônes, mais, par camaraderie et par amusement, les enfants des familles aisées se joignent à eux. On désigne ces joyeux quêteurs sous le nom patois de «Eis allégrès», en français «les joyeux»; ce mot n'est jamais employé qu'à Noël.

Dans la vallée d'Arros, au centre du même département, il y a trente ans, les enfants couraient de même, de maison en maison, la veille de Noël, pour demander «la prouesse», c'est-à-dire des pommes, des noix et des friandises. Cet usage a à peu près disparu.

Dans le pays d'Auribat (Landes), les enfants de la campagne se forment en groupes joyeux, la veille de Noël. Ils vont solliciter des offrandes devant toutes les maisons où il y a eu un baptême dans l'année. Ils chantent alors un refrain connu vulgairement sous le nom de lou Piguehoü:

Pigue hoü, hoü, hoü

Pigue talhe, talhe, talhe

Dat loumouyne à le canalhe.