Note 25:[ (retour) ] D'après Bernard Zornemann.
Dans certaines familles, sur le conseil de la mère, les enfants écrivent, la veille de Noël, une lettre à l'Enfant Jésus, afin de solliciter les objets qu'ils désirent: un couteau, une balle, une bicyclette, des histoires d'Indiens... souvent la liste est interminable. Pourquoi se restreindre? L'Enfant Jésus est si riche!
Voici la nuit de Noël: dans les rues s'illuminent ça et là quelques maisons; on y entend des rires d'enfants. C'est le moment.
Un son de clochette retentit dans la chambre, c'est le signe attendu. Les deux portes du salon s'ouvrent toutes grandes. Quelle magnificence! Quelle richesse! Éblouis, les enfants s'arrêtent une minute, puis s'élancent en avant. Le voici le sapin entrevu dans leurs rêves, mais plus beau, plus brillant. Ses branches atteignent le plafond. Sur chacune d'elles il y a des bougies bleues, vertes, jaunes; des pommes aux joues rouges et des noix d'or; des gâteaux, des massepains pendent à côté. Des boules de verre colorié[26], des guirlandes multicolores, des étoiles d'argent, des croissants d'or brillent dans la lumière. Il y a même de la neige sur l'arbre, mais ce n'est pas de la vraie, c'est de la ouate blanche. Joyeux, des oiseaux et des papillons artificiels se balancent sur les branches. Oh!... et ces groupes d'Anges! Quelle splendeur! Des fils rouges, bleus, verts, jaunes, grimpent de branche en branche jusqu'à la cime. Au sommet plane l'Ange de Noël avec ses blonds cheveux et ses ailes pleines de lumière.
Note 26:[ (retour) ] Ces objets en verroterie se fabriquent principalement à Lauscha, en Thuringe. Chaque année, il en est expédié des quantités considérables dans toute l'Allemagne. Les fabricants en donnent 200 ou 300, selon la grosseur, pour la somme de 3 à 5 marcs (3 fr. 75 à 6 fr. 25).
Au pied de l'arbre sont les cadeaux. Des poupées, des berceaux, des ménages, pour les petites filles; des trompettes, des soldats de plomb, des fusils, des tambours, pour les petits garçons. Les cris de joie ne finissent pas. «Vois, les belles images de mon livre!—Tiens, tiens! mon cheval a une vraie crinière!»
Alors la mère se met au piano, les enfants se prennent la main et chantent le vieux cantique si populaire: Stille Nacht, heilige Nacht, que nous traduisons, littéralement:
I
Nuit silencieuse, ô sainte nuit!
Tout dort: seul veille encore