«Viens de bonne heure, Clara, et reste le plus tard possible.»

Il fait si bon déjeuner et dîner en tête-à-tête tout près de la fenêtre, à l'abri des rideaux blancs.

Ils se rappellent la petite enfance, les panades mangées au bord du lit, avec la même cuillère.

Ah! les souvenirs d'enfance!

Ils voltigent dans l'infirmerie du collège comme des oiseaux en volière. Sans doute ils font leur nid dans tous les coins des rideaux, car il y en a de nouveaux chaque matin, frais éclos, qui prennent leur vol.

Et vraiment l'on dirait, à entendre ces conversations du passé, un couple d'octogénaires, ne regardant plus qu'au loin derrière eux.

N'y a-t-il donc pas un avenir, qui pourrait bien être intéressant, lui aussi?

Oui, il y a un avenir, et l'on y pense souvent, si l'on n'en parle jamais.

D'ailleurs, il n'est pas indispensable de faire des phrases pour causer. Certaine façon de se prendre la main et de rougir à tout propos en dit plus long que la parole.

Victor et Clara causent dans cette langue-là toute la journée.