—Ma foi, non. Qu'est-ce que tu veux que cela puisse me faire?… Je n'y comprendrais rien à cette chose-là… Non, je suis venue parce que j'avais envie de connaître mes petits Jansoulet, et puis que je commençais à être inquiète. Voilà plusieurs fois que j'écrivais sans recevoir de réponse. J'ai eu peur qu'il y eût un enfant malade, que Bernard fût mal dans ses affaires, toutes sortes de mauvaises idées. Il m'a pris un gros chagrin noir, et je suis partie… Ils vont tous bien ici, à ce qu'on m'a dit?…
—Mais oui, madame Françoise… Grâce à Dieu, tout le monde se porte à merveille.
—Et Bernard?… Son commerce… Ça marche comme il veut?…
—Oh! vous savez, on a toujours ses petits tracas dans la vie de ce monde…; finalement, je crois qu'il n'a pas à se plaindre… Mais j'y songe, vous devez avoir faim… Je vas vous faire servir quelque chose.»
Il allait sonner, à l'aise et chez lui bien plus que la vieille mère.
Elle le retint:
«Non, non, je n'ai besoin de rien. Il me reste encore des provisions du voyage.»
Sur le bord de la table elle posait deux figues, une croûte de pain, tirées de son panier, puis, tout en mangeant:
«Et toi, petit, tes affaires?… Tu m'as l'air joliment requinqué depuis la dernière fois que tu es venu au Bourg… Quel linge, quels effets!… Dans quelle partie es-tu donc?
—Professeur de massage… répondit Aristide gravement.
—Professeur, toi?… dit-elle avec un étonnement respectueux; mais elle n'osa lui demander ce qu'il enseignait, et Cabassu, que ces questions embarrassaient un peu, se hâta de passer à un autre sujet: