Les coups redoublent à la porte: «Daniel, mon Daniel, c'est ton père; ouvre vite.»

Oh! l'affreux cauchemar. Le petit Chose veut répondre, aller ouvrir. Il se redresse sur son coude: mais sa tête est trop lourde, il retombe et perd connaissance…

Quand le petit Chose revient à lui, il est tout étonné de se trouver dans une couchette bien blanche, entourée de grands rideaux bleus qui font de l'ombre tout autour… Lumière douce, chambre tranquille. Pas d'autre bruit que le tic-tac d'une horloge et le tintement d'une cuiller dans la porcelaine… Le petit Chose ne sait pas où il est; mais il se trouve très bien. Les rideaux s'entrouvrent. M. Eyssette père, une tasse à la main, se penche vers lui avec un bon sourire et des larmes plein les yeux. Le petit Chose peut continuer son rêve.

«Est-ce vous, père? Est-ce bien vous?

—Oui, mon Daniel; oui, mon cher enfant, c'est moi

—Où suis-je donc?

—A l'infirmerie, depuis huit jours…; maintenant tu es guéri, mais tu as été bien malade…

—Mais vous, mon père, comment êtes-vous là? Embrassez-moi donc encore!… Oh! tenez! de vous voir, il me semble que je rêve toujours.»

M. Eyssette père l'embrasse:

«Allons! couvre-toi, sois sage… Le médecin ne veut pas que tu parles.»