«Monsieur de Boucoyran, lui dis-je en essayant de garder mon sang-froid, prenez vos livres et sortez sur-le-champ.»

C'était un acte d'autorité inouï pour ce drôle. Il en resta stupéfait et me regarda, sans bouger de sa place, avec des gros yeux.

Je compris que je m'engageais dans une méchante affaire, mais j'étais trop avancé pour reculer.

«Sortez, monsieur de Boucoyran!…» commandai-je de nouveau.

Les élèves attendaient, anxieux… Pour la première fois, j'avais du silence.

A ma seconde injonction, le marquis, revenu de sa surprise, me répondit, il fallait voir de quel air: «Je ne sortirai pas!»

Il y eut parmi toute l'étude, un murmure d'admiration. Je me levai dans ma chaire, indigné.

«Vous ne sortirez pas, monsieur?… C'est ce que nous allons voir.»

Et je descendis…

Dieu m'est témoin qu'à ce moment-là toute idée de violence était bien loin de moi; je voulais seulement intimider le marquis par la fermeté de mon attitude; mais, en me voyant descendre de ma chaire, il se mit à ricaner d'une façon si méprisante, que j'eus le geste de le prendre au collet pour le faire sortir de son banc.