Je ne savais de quoi il s'agissait; mais en entendant ce mot de femme de chambre, qu'on me jetait ainsi à la figure pour la seconde fois, je me sentis rouge de honte, et ce fut avec une véritable indignation que je m'écriai:
«Une femme de chambre, moi!… Je n'ai jamais séduit de femme de chambre.»
A cette réponse, je vis un éclair de mépris jaillir des lunettes du principal, et j'entendis les clefs murmurer dans leur coin: «Quelle effronterie!»
Le sous-préfet, lui, ne cessait pas de sourire; il prit sur la tablette de la cheminée un petit paquet de papiers que je n'avais pas aperçus d'abord, puis se tournant vers moi et les agitant négligemment:
«Monsieur, dit-il, voici des témoignages fort graves qui vous accusent. Ce sont des lettres qu'on a surprises chez la demoiselle en question. Elles ne sont pas signées, il est vrai, et, d'un autre côté, la femme de chambre n'a voulu nommer personne. Seulement, dans ces lettres il est souvent parlé du collège, et, malheureusement pour vous, M. Viot a reconnu votre écriture et votre style….»
Ici les clefs grincèrent férocement et le sous-préfet, souriant toujours, ajouta:
«Tout le monde n'est pas poète au collège de Sarlande.»
A ces mots, une idée fugitive me traversa l'esprit: je voulus voir de près ces papiers. Je m'élançai; le principal eut peur d'un scandale et fit un geste pour me retenir. Mais le sous-préfet me tendit le dossier tranquillement.
«Regardez!» me dit-il.
Miséricorde! ma correspondance avec Cécilia.