—C'est à moi qu'ils doivent tout cela! se disait le Révérend en lui-même; et chaque fois cette pensée lui faisait monter des bouffées d'orgueil.
Le pauvre homme en fut bien puni. Vous allez voir...
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Figurez-vous qu'un soir, pendant l'office, il arriva à l'église dans une agitation extraordinaire: rouge, essoufflé, le capuchon de travers, et si troublé qu'en prenant de l'eau bénite il y trempa ses manches jusqu'au coude. On crut d'abord que c'était l'émotion d'arriver en retard; mais quand on le vit faire de grandes révérences à l'orgue et aux tribunes au lieu de saluer le maître-autel, traverser l'église en coup de vent, errer dans le chœur pendant cinq minutes pour chercher sa stalle, puis, une fois assis, s'incliner de droite et de gauche en souriant d'un air béat, un murmure d'étonnement courut dans les trois nefs. On chuchotait de bréviaire à bréviaire:
—Qu'a donc notre Père Gaucher?... Qu'a donc notre Père Gaucher?
Par deux fois le prieur, impatienté, fit tomber sa crosse sur les dalles pour commander le silence... Là-bas, au fond du chœur, les psaumes allaient toujours; mais les répons manquaient d'entrain...
Tout à coup, au beau milieu de l'Ave verum, voilà mon Père Gaucher qui se renverse dans sa stalle et entonne d'une voix éclatante:
| Dans Paris, il y a un Père blanc, |
| Patatin, patatan, tarabin, taraban... |
Consternation générale. Tout le monde se lève. On crie:
—Emportez-le... il est possédé!