Sur quoi le petit monsieur salua, ferma la portière, et s'en
alla en riant avec sa serviette et son parapluie.

«Conducteur,» demanda Tartarin en faisant sa moue,
«qu'est-ce que c'est donc que ce bonhomme-là?

--Comment! vous ne le connaissez pas? mais c'est monsieur
[25]Bombonnel.»

III

Un couvent de lions.

A Milianah, Tartarin de Tarascon descendit, laissant la
diligence continuer sa route vers le Sud.

Deux jours de durs cahots, deux nuits passées les yeux ouverts
[30]à regarder par la portière s'il n'apercevrait pas dans les

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champs, au bord de la route, l'ombre formidable du lion, tant
d'insomnies méritaient bien quelques heures de repos. Et puis,
s'il faut tout dire, depuis sa mésaventure avec Bombonnel, le
loyal Tarasconnais se sentait mal à l'aise, malgré ses armes,
[5]sa moue terrible, son bonnet rouge, devant le photographe
d'Orléansville et les deux demoiselles du 3ème hussards.

Il se dirigea donc à travers les larges rues de Milianah, pleines
de beaux arbres et de fontaines, mais, tout en cherchant un
hôtel à sa convenance, le pauvre homme ne pouvait s'empêcher
[10]de songer aux paroles de Bombonnel.... Si c'était vrai pourtant?
S'il n'y avait plus de lions en Algérie?... A quoi bon
alors tant de courses, tant de fatigues?...