Il y eut un frémissement parmi les convocatrices évangéliques, toutes les plumes en arrêt, les têtes levées du côté de Tartarin qui, pour ces Anglaises, déterminées grimpeuses, expertes à tous les sports, prenait une autorité considérable. Il était monté à la Jungfrau!
«Une belle étape! dit le père Baltet considérant le P. C. A. avec étonnement, tandis que Pascalon, intimidé par les dames, rougissant et bégayant, murmurait:
«Maî-aî-tre, racontez-leur donc le… le… chose… la crevasse…
Le président sourit: «Enfant!…» et, tout de même, il commença le récit de sa chute; d'abord d'un air détaché, indifférent, puis avec des mouvements effarés, des gigotements au bout de la corde, sur l'abîme, des appels de mains tendues. Ces demoiselles frémissaient, le dévoraient de ces yeux froids des Anglaises, ces yeux qui s'ouvrent en rond.
Dans le silence qui suivit s'éleva la voix de Bompard:
«Au Chimborazo, pour franchir les crevasses, nous ne nous attachions jamais.
Les délégués se regardèrent. Comme tarasconnade, celui-là les dépassait tous. «Oh! de ce Bompard, pas moins…» murmura Pascalon avec une admiration ingénue.
Mais le père Baltet, prenant le Chimborazo au sérieux, protesta contre cet usage de ne pas s'attacher; selon lui, pas d'ascension possible sur les glaces sans une corde, une bonne corde en chanvre de Manille. Au moins, si l'un glisse, les autres le retiennent.
«Moyennant que la corde ne casse pas, monsieur Baltet,» dit Tartarin rappelant la catastrophe du mont Cervin.
Mais l'hôtelier, pesant les mots: