Comment, ils ne frappent pas ta vue! N'aperçois-tu pas çà et là, épars au pied des arbres, ces grains de riz consacré, échappés du bec des jeunes perroquets encore dépourvus de plumes, au moment où leurs mères leur portent la becquée? Ici sont des pierres tout onctueuses de l'huile de l'ingoudi, dont elles viennent de servir à broyer les fruits; là, de jeunes gazelles, habituées à la voix de l'homme, ne se détournent pas à son approche; et ailleurs ces lignes humides, tracées sur la poussière, et qui partent de divers bassins, ne doivent-elles pas leur origine aux gouttes d'eau distillées des vases nouvellement purifiés?

Vois encore ces jeunes arbres, dont les racines sont abreuvées par des canaux d'une eau limpide, que ride à peine le souffle adouci des vents; vois l'éclat de ces tendres bourgeons, obscurci par la fumée qui s'élève des oblations aux dieux; et, près de nous, ces faons légers qui, sans aucune crainte, se jouent au milieu de ces tas de cousa nouvellement coupé pour un sacrifice, et rassemblés sur la terre à l'entrée du jardin.

L'ÉCUYER.

Oui, je vois en effet tout cela.

DOUCHMANTA, après s'être approché un peu plus de l'enceinte.

Mais gardons-nous de profaner cette sainte retraite; arrête promptement le char, que je puisse en descendre.

L'ÉCUYER.

Prince, je retiens les rênes; vous pouvez mettre pied à terre.

DOUCHMANTA, étant descendu, et jetant un regard sur lui-même.

C'est sous de modestes vêtements que je dois pénétrer en ce lieu consacré à la piété. Débarrasse-moi donc de tout cet attirail du luxe, et de cet arc qui ne peut m'être ici d'aucune utilité. (Il remet entre les mains de son écuyer ses armes et ses joyaux.) Cependant, en attendant que je revienne, après avoir visité les habitants de cet ermitage, aie soin de faire rafraîchir et baigner les chevaux.