JOSABETH.

Ô David!

LE CHŒUR.

Dieu de Sion! rappelle,
Rappelle en sa faveur tes antiques bontés.

(La symphonie recommence encore; et Joad, un moment après, l'interrompt.)

JOAD.

Quelle Jérusalem nouvelle
Sort du fond du désert, brillante de clartés,
Et porte sur le front une marque immortelle?
Peuples de la terre, chantez.
Jérusalem renaît plus charmante et plus belle!
D'où lui viennent, de tous côtés,
Ces enfants qu'en son sein elle n'a point portés?
Lève, Jérusalem, lève ta tête altière;
Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés!
Les rois des nations, devant toi prosternés,
De tes pieds baisent la poussière;
Les peuples à l'envi marchent à ta lumière.
Heureux qui pour Sion d'une sainte ferveur
Sentira son âme embrasée!
Cieux, répandez votre rosée,
Et que la terre enfante son Sauveur!

L'acte finit au milieu du chant des chœurs agités de terreur et d'espérance. L'inspiration d'en haut est restée sur la scène avec l'esprit et la voix de Talma.

XXI

La plus belle scène du quatrième acte est celle où le grand-prêtre, avant de couronner Joas dans le temple, sonde l'esprit de l'enfant, et lui enseigne, dans un langage bien hardi devant Louis XIV, les devoirs des rois devant Dieu et devant leur peuple. Ici c'est l'esprit de vérité et de liberté qui soulève le poëte et qui lui fait braver le despotisme d'un prince égoïste et impérieux. Nous pensons que cette scène fut pour davantage dans la rancune cachée de Louis XIV et dans la mort de Racine que son obscur Mémoire sur quelques vices de l'administration, écrit par lui pour complaire à Mme de Maintenon.