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«Deux heures sonnent! une commotion électrique me saisit. Je sens les douces vapeurs des parfums italiens qui me firent pressentir hier la présence de ma voisine; un sentiment indéfinissable, que je ne pourrais exprimer que par le chant, s'empare de moi. Le vent s'engouffre avec plus de bruit dans la salle, les cordes du piano de l'orchestre frémissent. Ciel! il me semble entendre comme dans le lointain, portée sur les sons ailés d'un orchestre vaporeux, la voix d'Anna, qui chante: Non mi dir bell' idol mio! Ouvre-toi, royaume éloigné et inconnu, patrie des âmes! paradis plein de charmes, où une douleur céleste et indicible remplit mieux qu'une joie infinie toutes les espérances semées sur la terre. Laisse-moi pénétrer dans le cercle de tes ravissantes apparitions; puissent les rêves qui tantôt m'inspirent l'effroi, et tantôt se changent en messagers de bonheur, tandis que le sommeil retient mon corps sous des liens de plomb, délivrer mon esprit et le conduire aux plaines éthérées!»

CONVERSATION À TABLE D'HÔTE.

UN HOMME RAISONNABLE (frappant sur le couvercle de sa tabatière).

«Il est bien fatal que nous ne puissions entendre de sitôt un opéra bien exécuté! Mais cela vient de cette maudite exagération.»

UN HOMME BASANÉ.

«Oui, oui! je l'ai dit assez souvent! le rôle de donn'Anna lui fait toujours mal! Hier, elle était comme possédée. On dit que, pendant tout l'entr'acte, elle est restée évanouie, et, après la scène du second acte, elle a eu des attaques de nerfs.»

UN INSIGNIFIANT.

«Oh! contez-moi donc cela?....»

L'HOMME BASANÉ.