«Lorsqu'elle aperçut David, dit le poëme, elle descendit de son âne, s'inclina, agenouillée sur la pierre du chemin, et, adorant le jeune chef, elle lui dit: «Remettez à Nabal son iniquité et sa démence, et, s'il s'élève un jour un homme qui vous persécute et qui recherche votre vie, votre âme sera préservée parmi les âmes des vivants, et l'âme de vos ennemis sera agitée comme la pierre tournoyante lancée en l'air par la fronde!

«Et alors, quand vous serez roi, souvenez-vous de votre servante!»

David, frappé de la beauté d'Abigaïl et touché de son éloquence, accepta les présents et renonça à sa vengeance. Abigaïl, revenue en sa maison, trouve son mari ivre au milieu d'un festin; elle lui raconte le danger qu'il avait couru. Il en mourut de peur. David, apprenant sa mort, demanda par ses envoyés Abigaïl pour épouse: «Laquelle, se levant, dit le verset, se prosterne à terre, adore Jéhova et dit: «Voici votre servante; que je sois comme une servante pour laver les pieds des serviteurs de mon maître!»

Et elle monta sur une ânesse, et cinq jeunes filles la suivirent, et elle épousa le héros.

Saül avait enlevé à David sa première épouse Michol; il l'avait donnée à un autre de ses favoris, Phalti, fils de Laïs, qui était de Gallim.

XIX

Poursuivi de nouveau par Saül, le jeune chef ose descendre une nuit dans le camp avec Abisaï, un de ses plus intrépides compagnons. Ils entrent dans la tente du roi endormi. Abisaï veut profiter de l'occasion pour le frapper; David, toujours fidèle et respectueux, retient encore sa main; il se contente d'emporter la lance et la coupe du roi.

On voit que sa seule pensée est de fléchir son maître à force de preuves de fidélité.

Saül enfin succombe avec Jonathas, après une bataille perdue contre les ennemis d'Israël, et il se perce de son épée.

On apporte ses armes et ses habits à David, émigré alors chez les Amalécites. Il pleure sur le roi et sur Jonathas; il chante un chant funèbre. On y sent la sincérité de la douleur et le remords du patriotisme, au milieu des nations étrangères qui se réjouissent de leur victoire sur son pays.