Il se rappelle le passage de la mer Rouge.

«Les eaux t'ont vu, Seigneur! les eaux t'ont vu et elles ont bouillonné d'effroi! Les abîmes ont remué!

«Tu passas à travers la mort, et on ne revit pas même l'empreinte de tes pas.»

Tout à coup, dans une série de cantiques, il chante en hymne l'épopée du peuple de Dieu. Depuis Moïse jusqu'à lui, il recompose toutes les destinées de sa race. Chaque récit est un prodige, et chaque prodige fait éclater sur sa harpe un cri de bénédiction. C'est le poëme national d'un peuple exclusivement théocratique, chanté aux pieds de ses autels par un pontife-roi.

L'épopée finit par ses propres aventures:

«Il fit choix de David, son esclave, et il le tira d'un parc de brebis!»

Cette revue lyrique des temps écoulés et des prodiges accomplis le rend plus pieux et plus poëte.

«Moi,» dit-il, «mon âme languit après tes parvis! Mon cœur et ma chair te chantent, ô Dieu vivant!

«Le passereau trouve sa demeure, l'hirondelle un nid pour ses petits, tes autels à moi! Heureux ceux qui habitent ta demeure!

«Un jour à l'ombre de ton temple vaut mieux que mille dans les tentes des pervers.