Notre cours de géographie serait devenu naturellement et nécessairement un cours d'humanité tout entière. Sur ces océans de continents, d'empires, de royaumes, de provinces, d'îles, de mers, de fleuves, de montagnes, de plaines, votre boussole serait le compas qui a dessiné cet atlas, et le doigt d'un enfant, vous en enseignant les lignes, vous enseignerait l'univers!
Quel père de famille ne voudra se procurer ce merveilleux instrument de science que l'atlas de MM. Dufour et Le Chevalier a créé, pour abréger le globe et pour l'éclairer sur toutes ses faces, afin que les lieux racontent les choses, que les choses rappellent les hommes, que les hommes retracent leur histoire, que les cosmos soient contenus dans quinze ou vingt pages in-folio, et que ces quinze ou vingt pages, muettes jusqu'ici, mais rendues tout-à-coup plus éloquentes qu'une bibliothèque, soient devenues la photographie parlante du monde où nous passons sans le connaître, mais qui nous dira lui-même, pendant que nous passons, ce qu'il fut, ce qu'il est, ce qu'il sera?
Les anciens gravaient les distances pour les voyageurs sur les bornes milliaires qui bordaient les voies romaines, du Capitole aux extrémités de l'empire; combien le voyage eût été plus instructif et plus intéressant, si chaque borne milliaire, en vous disant la distance, vous eût raconté en même temps tout ce qui s'était passé avant vous sur chacun de ces espaces circonscrit entre ces deux pierres, et s'il avait reproduit ainsi tous les faits et tous les acteurs, en même temps qu'il reproduisait le lieu de la scène de tous ces grands drames de l'humanité!
C'est ce que fait l'Atlas que M. Le Chevalier édite aujourd'hui pour ceux qui estiment la science comme le premier devoir de ceux qui veulent profiter de la vie.
Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs l'acquisition de cet instrument de lumière, qui double le jour en le répercutant.
Lamartine.
FIN DU TOME ONZIÈME.
Notes
[1]: Hélas! je ne les ai plus, mais ils ont mon cœur.
26 avril 1861.