La jeunesse qui lira ces axiomes, dont la plus grande partie est véritablement évangélique, doit en effacer avec précaution trois choses destructives de toutes vraies notions sociales:
1o Les droits naturels et imprescriptibles, qui ne sont en réalité ni naturels ni imprescriptibles, attendu que les droits sociaux ne peuvent exister avant la société qui les confère et qui les garantit.
2o Le droit de liberté naturelle, que l'homme doit se mesurer et se conférer à lui-même, droit destructif de toute autorité sociale qui peut seule mesurer, définir et protéger la liberté de chacun en proportion compatible avec la liberté et la sûreté de tous.
3o L'égalité est établie par la nature: absurdité contredite à chaque fait par la nature, qui n'a fait que des inégalités de force, tandis que la société seule établit ces égalités de droit qui sont la moralité de ses lois spiritualistes.
4o La résistance à l'oppression par l'individu mécontent de son sort ou de son gouvernement: résistance arbitraire, individuelle, anarchique, qui n'est que le plagiat de l'axiome: L'insurrection est le plus saint des devoirs; c'est-à-dire l'anarchie sanctifiée.
5o Il y a oppression quand un seul des membres de l'association est opprimé. Qui sera juge de l'oppression d'un seul, et quelle société subsisterait un seul jour, s'il suffisait qu'un seul se sentît ou se crût arbitrairement opprimé?
6o Les rois, les aristocrates, les tyrans, quels qu'ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre, qui est le genre humain.
L'insurrection de toutes les nations contre toutes les formes d'autorité établies dans d'autres nations serait donc le droit commun du globe, selon la Convention; et, dans ce cas, la guerre internationale, universelle, incessante, serait donc le fait social universel sur le globe! L'humanité ne serait qu'un massacre en permanence pour racheter le genre humain.
Un corps politique, la Convention, qui statuait un tel droit public, n'était donc qu'une assemblée d'utopistes métaphysiciens, qui donnait pour base à la politique des sophismes au lieu de réalités pratiques.