REVUE MENSUELLE.

XIV

Paris.—Typographie de Firmin Didot frères, fils et Cie, rue Jacob, 56.

LXXIXe ENTRETIEN

ŒUVRES DIVERSES DE M. DE MARCELLUS.

DEUXIÈME PARTIE.

I.

Quoi qu'il en soit de ce vœu, comme de tant d'autres, le livre de M. de Marcellus est un des livres de jeunesse qui sont les plus doux à emporter dans son bagage de voyageur ou à feuilleter dans son âge avancé, quand on veut se donner une odeur du printemps de la vie; on y vogue, on y change d'horizon à tous les levers de l'aurore; on y chante à demi-voix les vers mémoratifs de ses études, on y parle la plus riche et la plus sonore des langues; et, par-dessus tout, on y cause avec un compagnon de route toujours instruit, toujours spirituel, toujours tempéré et souriant, qui semble avoir en lui la précoce et froide sagesse du vieillard à côté des belles illusions de la vie.

Ce livre est bien loin d'avoir autant de réputation qu'il en mérite. La tombe, comme le lever du vrai jour, rendra à M. de Marcellus toute la justice que l'ignorance ou le préjugé des partis lui a fait attendre. C'est le cours le plus complet et le plus vivant de l'archipel grec et ionien qu'un disciple d'Homère ait fait faire à la génération présente.

Le voyage en Sicile, qu'il fit longtemps après, en 1841, est une promenade classique autour de l'Etna, de l'histoire, des monuments. Mais cela n'a pas la séve jeune et pittoresque du souvenir d'Orient. On sent que l'homme mûri et désenchanté se promène le soir pour se donner les consolations et les diversions de la vie active qui lui était refusée. Il y a toujours de l'érudition, mais il n'y a plus d'illusions: le soleil baisse. M. de Marcellus pensait à autre chose.