L'Évangile de saint Jean, lui-même, rappelle dans son magnifique début ces vérités indiennes, égyptiennes, platoniques, ainsi que chrétiennes:
«Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu (le Logos, la pensée, la parole, le type des choses); tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui; en lui était la vie, et la vie était la lumière.»
Saint Paul écrit quelques années après aux Hébreux: «Dieu a créé les siècles par son Fils, «le Verbe, la parole divine, la lumière, la «vie!»
Peut-on méconnaître les analogies frappantes entre ces doctrines engendrées les unes des autres jusqu'à l'explosion philosophique du dogme chrétien?
Les vices choquants qui scandalisent l'intelligence et le cœur de l'homme dans le mécanisme de la nature, dans le bien imparfait, dans le mal universel, dans la souffrance, dans la mort, firent présumer aux Égyptiens, aux Grecs, que ce monde n'était pas l'œuvre directe du Dieu suprême, mais l'œuvre maladroite et imparfaite des divinités inférieures auxquelles il avait accordé la faculté de créer d'après lui.
Cette opinion est naturelle à l'homme, qui ne peut pas comprendre l'existence du mal et qui la sent.
Comment une œuvre si vicieuse et si malfaisante peut-elle émaner de la sagesse, de la puissance et de la bonté suprêmes? Il y a là une contradiction apparente, qui donne naissance à la philosophie des deux principes, de Zoroastre; mais Zoroastre oubliait que, pour juger l'œuvre de Dieu, il faut la voir dans son ensemble et dans son éternité. Nous ne la voyons que dans un atome et dans une seconde: c'est l'universalité et l'éternité qui justifient sans aucun doute l'œuvre divine.
Revenons au dialogue de Phédon.
XVIII.
Ce dialogue a lieu entre Échécratès et Phédon, deux amis de Socrate; ils se rencontrent à Phliunte, ville de Sycionie, quelque temps après la mort de leur maître. Échécratès demande à Phédon: