«Rien n'est charmant comme ces courses du matin au printemps, et je ne regrette pas de me lever de bonne heure pour me donner ce plaisir.

«Bientôt je me lèverai à cinq heures. Je me règle sur le soleil, et nous nous levons ensemble.

«L'hiver, il est paresseux: je le suis et ne sors du lit qu'à sept heures. Encore parfois le jour me semble long. Cela m'arrive lorsque le ciel est nébuleux, que je suis triste et que j'attends un peu de soleil ou quelque chose de rayonnant dans mon âme; alors le temps est long.

«Mon Dieu! trouver un jour long, tandis que la vie tout entière n'est rien!

«C'est que l'ennui s'est posé sur moi, qu'il y demeure, et que tout ce qui prend de la durée met de l'éternité dans le temps.»

L'ennui du printemps dans une âme de jeune fille éclate aussi dans les lignes suivantes:

Le 28 avril.

«Quand tout le monde est occupé et que je ne suis pas nécessaire, je fais retraite et viens ici à toute heure pour écrire, lire ou prier. J'y mets aussi ce qui se passe dans l'âme et dans la maison, et de la sorte nous retrouverons jour par jour tout le passé.

«Pour moi ce n'est rien, ce qui passe, et je ne l'écrirais pas; mais je me dis:—Maurice sera bien aise de voir ce que nous faisions pendant qu'il était loin et de rentrer ainsi dans la vie de famille,—et je le marque pour toi.»

XXXIV.