Le 7 mars.

«Aujourd'hui on a placé un âtre nouveau à la cuisine. Je viens d'y poser les pieds, et je marque ici cette sorte de consécration du foyer dont la pierre ne gardera point de trace.

«C'est un événement ici que ce foyer, comme à peu près un nouvel autel dans une église. Chacun va le voir et se promet de passer de douces heures et une longue vie devant ce foyer de la maison (car il est à tous, maîtres et valets), mais qui sait?... Moi peut-être, je le quitterai la première: ma mère s'en alla bientôt! On dit que je lui ressemble.»

Le 8 mars.

«J'ai fait cette nuit un grand songe. L'Océan passait sous nos fenêtres. Je le voyais, j'entendais ses vagues roulant comme des tonnerres, car c'était pendant une tempête que j'avais la vue de la mer, et j'avais peur.

«Un ormeau qui s'est élevé avec un oiseau chantant dessus m'a détournée de la frayeur. J'ai écouté l'oiseau: plus d'Océan et plus de songe.»

XXV.

Le printemps approche, l'âme triste se rassérène; pluie ou vent, chaud ou froid, voilà la température de ces âmes qui n'ont pas d'autre événement que l'influence du ciel sur elles.

Le 9 mars.

«La journée a commencé douce et belle; point de pluie ni de vent. Mon oiseau chantait toute la matinée, et moi aussi, car j'étais contente et je pressentais quelque bonheur pour aujourd'hui. Le voilà, mon ami, c'est une de tes lettres. Oh! s'il m'en venait ainsi tous les jours!