Aux ouvriers, avec colère.
Non, non, non, non!—Vous travaillerez davantage, voilà tout.
UN OUVRIER, à ses camarades.
Et vous gagnerez moins, voilà tout.
JOHN BELL.
Si je savais qui a répondu cela, je le chasserais sur-le-champ comme l'autre.
Bien dit, John Bell! tu es beau précisément comme un monarque au milieu de ses sujets.
JOHN BELL.
Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous; mais si je savais lequel de ceux-là vient de parler! Ah!... l'homme sans foi que celui qui a dit cette parole! Ne m'avez-vous pas tous vu compagnon parmi vous? Comment suis-je arrivé au bien-être que l'on me voit? Ai-je acheté tout d'un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique? Si j'en suis le seul maître à présent, n'ai-je pas donné l'exemple du travail et de l'économie? N'est-ce pas en plaçant les produits de ma journée que j'ai nourri mon année? Me suis-je montré paresseux ou prodigue dans ma conduite?—Que chacun agisse ainsi, et il deviendra aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles augmentent le mien; j'en suis très-fâché pour vous, mais très-content pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très-bon que leur production vous appartînt; mais j'ai acheté les mécaniques avec l'argent que mes bras ont gagné: faites de même, soyez laborieux, et surtout économes.—Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos pères: Gardons bien les sous, les schellings se gardent eux-mêmes. Et à présent, qu'on ne me parle plus de Tobie; il est chassé pour toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui parlera sera chassé, comme lui, de la fabrique, et n'aura ni pain, ni logement, ni travail dans le village.