—Mais un mystère, me direz-vous, est la confession de notre ignorance.

—Oui, le mystère mesure toute la distance incommensurable qui existe et qui doit exister entre le mode d'action de Dieu sur les mondes et l'ignorance de l'homme.

Si Dieu n'était pas Dieu, il ne serait pas mystère.

Tout serait clair comme le jour, palpable comme la pierre, compréhensible comme la main qui contient ce que l'œil juge.

Mais il est Dieu, et par conséquent il agit en tout d'une manière incompréhensible à notre misère morale. Quel rapport peut-il exister entre le créateur et le créé?

Aucun, si ce n'est ce mot qui fait incliner toute tête: Mystère!

On le conclut, on le prononce, on adore, on croit, et l'on vit en paix jusqu'à ce qu'une seconde vie nous introduise dans un autre mystère!

Il est permis de le chercher, il est interdit de le découvrir.

On ne peut que le conjecturer: la conjecture n'est point orgueilleuse; elle est l'humiliation de la raison.

Voici la mienne: