«L'amour aspire à s'élever, et ne se laisse arrêter par rien de terrestre.

«L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que ses regards pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni retardé par les biens, ni abattu par les maux du temps.

«Rien n'est plus doux que l'amour, rien n'est plus fort, plus élevé, plus étendu, plus délicieux; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce que l'amour est né de Dieu et qu'il ne peut se reposer qu'en Dieu au-dessus de toutes les créatures.

«Celui qui aime court, vole; il est dans la joie, il est libre et rien ne l'arrête.

«Il donne tout pour posséder tout, et il possède tout en toutes choses, parce qu'au-dessus de toutes choses il se repose dans le seul Être souverain, de qui tout bien procède et découle.

«Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens jusqu'à celui qui donne.

«L'amour souvent ne connaît point de mesure; mais, comme l'eau qui bouillonne, il déborde de toutes parts.

«Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte; il tente plus qu'il ne peut; jamais il ne prétexte l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et tout permis.»

Après ce magnifique tableau de l'amour divin, il revient à la patience, qui est le sceau de cette vertu.

XXV