—Bah! bah! vous dînerez avec moi. Katel, tu nous feras un bon dîner. J'ai du plaisir à vous voir, Christel.
Ils sortirent.
Tout en marchant, Fritz se disait en lui-même:
«N'est-ce pas étonnant? Ce matin, je rêvais de Sûzel, et voilà que son père m'apporte des cerises qu'elle a cueillies pour moi. C'est merveilleux, merveilleux!»
Et la joie intérieure rayonnait sur sa figure, il reconnaissait en ces choses le doigt de Dieu.
XI
Quelle scène! égale au cerisier de Jean-Jacques Rousseau.
Il erre dans les environs de la ville et trouve ses amis Hâan et Schoûltz jouant aux boules. Il apprend que le lendemain c'est la fête de Rischen, qu'on y dansera, et que Sûzel et sa famille pourront bien y être. Il se charge d'y conduire ses amis, va chez le maître de poste et s'arrange avec lui pour une magnifique berline, deux chevaux de choix et le postillon Zimmer qui a eu l'honneur de conduire l'empereur Napoléon. La description de sa toilette pour jeter de la poudre aux yeux des habitants de Rischen et peut-être de Sûzel est merveilleuse de vérité. Stern n'a rien de mieux.
La berline roule sur le pavé, toute la ville est aux fenêtres.
Alors tous trois se levèrent, et, se penchant à la fenêtre, ils virent la berline que Fritz avait louée, s'approchant au trot, et le vieux postillon Zimmer, avec sa grosse perruque de chanvre tressée autour des oreilles, son gilet blanc, sa veste brodée d'argent, ses culottes de daim et ses grosses bottes remontant au-dessus des genoux, qui regardait en l'air en claquant du fouet à tour de bras.