«Et si les parents de Sîfrit veulent consentir à écouter mes vœux, qu'ils viennent sans plus tarder, cet été, à ma fête. Car une partie de ma félicité dépend de la présence de la parenté de ma femme.»

«Le joueur de viole, le hardi Swemel, parla: «Quand cette fête aura-t-elle lieu dans vos États?

«Il faut que nous puissions l'annoncer là-bas à vos amis.» Le roi Etzel répondit: «Aux jours du prochain solstice d'été.»

—«Nous ferons ce que vous ordonnez,» dit Werbel. La reine fit amener secrètement les messagers dans sa chambre et leur parla. Depuis lors, maints guerriers en pâtirent.

«Elle dit aux envoyés: «Vous pouvez gagner une bonne récompense, en exécutant mes instructions avec dévouement et en disant dans ma patrie ce dont je vais vous charger. Je vous comblerai de biens et je vous donnerai de magnifiques vêtements.

«À aucun de mes amis que vous pourrez voir à Worms près du Rhin, vous ne direz que jamais vous ayez vu mon humeur assombrie. Vous offrirez mes services à tous ces héros hardis et bons.

«Priez-les de consentir à ce que le roi leur demande et à me tirer ainsi de ma peine, car les Hiunen pourraient croire que je suis sans nul ami. Ah! si j'étais un chevalier, j'irais moi-même vers eux.

«Dites aussi à Gêrnôt, mon noble frère, que nul ne lui est plus dévoué que moi. Priez-le d'amener en ce pays nos meilleurs amis, afin qu'il m'en revienne de l'honneur.

«Dites bien à Gîselher, qu'il songe à cela, que jamais je n'ai éprouvé nulle peine de son fait. Mes yeux le verront avec bonheur, car je l'aime tendrement pour la grande fidélité qu'il m'a montrée.

«Expliquez à ma mère les honneurs dont je jouis ici. Et si Hagene de Troneje refusait de les accompagner, qui donc leur montrerait le chemin à travers le pays? Car depuis son enfance la route qui mène chez les Hiunen lui est bien connue.»