«Ils s'inclinèrent devant le roi. Puis, Werbel parla: «Mon maître chéri vous offre ses loyaux services, ainsi que votre sœur Kriemhilt. Ils nous ont envoyés, nous, guerriers, en toute confiance.»
Le riche prince répondit: «Je suis heureux de cette nouvelle.» Ensuite il demanda: «Comment se portent Etzel et Kriemhilt, ma sœur, du pays des Hiunen?» Le joueur de viole prit la parole: «Je vous le ferai savoir.
«Jamais personne ne fut plus heureux qu'eux deux, sachez-le bien, et il en est de même de leur chevalerie, de leur parenté et de leurs fidèles. Ils se réjouirent tous de notre voyage, quand nous quittâmes notre patrie.
«—Merci pour ses services qu'il me fait offrir. Merci aussi à ma sœur. Je suis heureux que le roi et ses hommes vivent en joie, car ce n'était pas sans inquiétude que j'avais demandé de leurs nouvelles.»
«Les deux jeunes rois s'étaient aussi rendus là, car ils avaient appris l'arrivée des étrangers. Gîselhêr-l'enfant les vit avec plaisir, à cause de sa sœur, et leur parla gracieusement:
«Messagers, vous êtes les très-bienvenus parmi nous. Si vous vouliez vous rendre plus souvent ici, aux bords du Rhin, vous y trouveriez des amis que vous verriez volontiers. Et certes, vous n'auriez guère à craindre en restant dans ce pays.
«—Nous comptons sur toutes sortes d'honneurs de votre part, répondit Swemel. Mon éloquence ne suffit pas à vous exprimer avec quels sentiments d'affection nous ont envoyés ici et Etzel et votre noble sœur, dont la destinée est si heureuse.
«La femme de notre roi vous rappelle que vous avez toujours eu pour elle affection et dévouement, et que votre cœur et votre bras lui furent constamment fidèles. Ensuite nous sommes envoyés vers le roi, afin de le prier de chevaucher vers le pays d'Etzel.
«Celui-ci nous a fortement commandé de vous en prier.»
«Le roi Gunther prit la parole: «Après sept nuits passées, vous apprendrez la résolution que j'ai prise, de concert avec mes amis. Durant ce temps, vous irez dans vos logements et y jouirez d'un bon repos.»