—Merci, monsieur Kobus,» dit la petite en se levant bien vite.

Elle fit une jolie révérence pour se sauver.

«N'oublie pas de dire là-bas que j'arriverai dans la quinzaine au plus tard, lui cria Fritz.

—Non, monsieur, je n'oublierai rien; on sera bien content.»

Elle s'échappa comme un oiseau de sa cage; et le vieux David, les yeux pétillants de joie, s'écria:

«Voilà ce qu'on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l'espère.

—Une bonne petite femme de ménage, j'en étais sûr! s'écria Kobus en riant aux éclats; le vieux posché-isroel ne peut voir une fille ou un garçon sans songer à les marier... Ah! ah! ah!

—Eh bien, oui! s'écria le vieux rebbe, la barbiche hérissée; oui, j'ai dit et je le répète: une bonne petite femme de ménage! Quel mal y a-t-il à cela? Dans deux ans, cette petite Sûzel peut être mariée, elle peut même avoir un petit poupon rose dans les bras.

—Allons, tais-toi, vieux, tu radotes.

—Je radote... c'est toi qui radotes, épicaures; pour tout le reste, tu parais avoir assez de bon sens, mais sur le chapitre du mariage, tu es un véritable fou.