«Comment donc! sommeliers, dit le héros fatigué, songez à servir convenablement vos hôtes, apportez de bons mets à ces seigneurs et laissez-moi porter des nouvelles à mes maîtres chéris.»
Parmi ceux qui, confiants en leur force, s'avancèrent devant les marches, il en frappa quelques-uns de si lourds coups d'épée, que tous par crainte remontèrent les degrés. Sa force puissante avait accompli de grands prodiges.
Quand l'audacieux Dancwart pénétra sous la porte, il ordonna à la suite d'Etzel de reculer. Tout son vêtement était couvert de sang; il portait nue en sa main une épée très-acérée.
Au moment même où Dancwart se présentait à la porte, on portait çà et là, de table en table, Ortlieb, le prince de haute lignée. Ces horribles nouvelles causèrent la mort du petit enfant.
Dancwart cria à haute voix au guerrier: «Frère Hagene, vous restez trop longtemps assis. Je me plains à vous et au Dieu du ciel de notre détresse. Chevaliers et varlets ont été massacrés en leur logis.»
L'autre lui répondit:
«Qui a fait cela?
«—C'est le sire Blœde avec ses hommes. Mais aussi il l'a payé cher, je veux bien vous le dire: de ma main je lui ai abattu la tête.
«—C'est un léger malheur, dit Hagene, quand on vous apprend qu'un guerrier a perdu la vie par la main d'un héros. Les belles femmes auront d'autant moins à le plaindre.
«—Mais, dites-moi, frère Dancwart, comment êtes-vous si rougi de sang? J'imagine que de vos blessures vous souffrez grande douleur. Qui que ce soit, dans ce pays, qui vous les a faites, quand le mauvais démon lui viendrait en aide, il devrait le payer de sa vie.