«Si vous voyez ma cotte de mailles rougie de sang, cela m'excitera à donner la mort à plus d'un. Cette petite blessure anime ma colère pour la première fois. Le guerrier Irinc m'a bien légèrement atteint.»

Irinc du Tenelant se plaça contre le vent. Il se rafraîchit dans sa cotte de mailles et délia son heaume. Tout le monde disait que sa force était grande. Le margrave en conçut un indomptable orgueil.

Alors Irinc s'écria: «Mes amis, sachez qu'il faut que vous m'armiez à l'instant. Je veux encore essayer si je ne puis dompter cet homme outrecuidant.» Son bouclier était haché; il en reçut un meilleur.

Bientôt le héros fut mieux armé qu'auparavant. Il saisit une lance puissante; poussé par la haine, il voulait s'en servir pour abattre Hagene. Mais Hagene, l'homme très-hardi, allait le recevoir rudement.

Hagene, la bonne épée, ne l'attendit pas. Il bondit en bas des degrés à sa rencontre, lançant un javelot et brandissant son épée; sa colère était terrible. La force d'Irinc ne lui servit guère.

Ils frappaient sur leurs boucliers au point que des flammes rougeâtres semblaient les allumer. L'homme-lige d'Hâwart reçut à travers bouclier et cuirasse une profonde blessure de l'épée de Hagene; elle lui enleva la vie pour toujours.

Quand Irinc le guerrier sentit la blessure, il leva son bouclier à la hauteur de la visière de son casque. Le coup qu'il avait reçu lui semblait mortel. Pourtant, peu après, l'homme-lige de Gunther lui en porta un plus terrible.

Hagene trouva à ses pieds une pique tombée à terre; il la lança sur Irinc, le héros du Tenelant, avec tant de force, que le bois lui sortait tout droit de la tête; Hagene, le chef hardi, lui avait fait subir une mort cruelle.

Irinc fut obligé de reculer vers ceux du Tenelant. Avant de délier le heaume, on brisa le bois qui avait pénétré dans sa tête. La mort approchait. Ses parents se prirent à verser des larmes; leur affliction était profonde.

Voici venir la Reine qui se penche sur lui. Elle commença de pleurer le fort Irinc; elle s'affligeait de ses blessures. Sa douleur était poignante. Le noble et brave guerrier parla ainsi devant ses parents: