On les voit à l'œuvre au château de Macduff.
Pourquoi mon mari est-il parti? dit lady Macduff à sa cousine; le pauvre Roitelet, le moindre des oiseaux, dispute donc son nid, ses petits au hibou.—Mon enfant, dit la mère à son enfant comme par pressentiment, votre père est mort, comment vivrez-vous? L'enfant répond par les vers de Racine: Comme vivent les oiseaux, ma mère. Pauvre petit oiseau, répond la mère, ainsi tu ne craindras pas le filet, la glu, le piége, le trébuchet?—Pourquoi les craindrais-je? répond l'enfant; ils ne sont pas destinés aux tout petits enfants.
Arrive un messager qui avertit lady Macduff qu'on la poursuit, ainsi que ses petits enfants, pour les égorger. Les assassins entrent et tuent son fils sous ses yeux.
Il m'a tué, ma mère!...
XIII
Macduff apprend presque aussitôt la mort de ses enfants.
ROSSE.
Hélas! pauvre patrie! elle n'ose presque plus se reconnaître. On ne peut l'appeler notre mère, mais notre tombeau, cette patrie où rien que ce qui est privé d'intelligence n'a été vu sourire une seule fois; où l'air est percé de soupirs, de gémissements, de cris douloureux qu'on ne remarque plus; où la violence de la douleur est prise pour une des prétentions de notre temps à la sensibilité; où la cloche mortuaire sonne sans qu'à peine on demande pour qui; où la vie des hommes de bien s'évapore avant que soit séchée la fleur qu'ils portent sur leur chapeau, ou même avant qu'elle commence à se flétrir.
Ô récit trop cruel dans son exactitude, mais trop vrai!