MARGUERITE.

Je n'ose pas sortir; il n'est plus pour moi d'espérance. Que me sert-il de fuir? Mes persécuteurs m'attendent. Mendier est si misérable; et surtout avec une mauvaise conscience! Il est triste aussi d'errer dans l'étranger; et d'ailleurs partout ils me saisiront.

FAUST.

Je resterai près de toi.

MARGUERITE.

Vite, vite, sauve ton pauvre enfant. Pars, suis le chemin qui borde le ruisseau; traverse le sentier qui conduit à la forêt; à gauche, près de l'écluse, dans l'étang, saisis-le tout de suite, il tendra ses mains vers le ciel; des convulsions les agitent. Sauve-le! Sauve-le!

FAUST.

Reprends tes sens; encore un pas, et tu n'as plus rien à craindre.

MARGUERITE.

Si seulement nous avions déjà passé la montagne.... L'air est si froid près de la fontaine. Là, ma mère est assise sur un rocher, et sa vieille tête est branlante. Elle ne m'appelle pas; elle ne me fait pas signe de venir; seulement ses yeux sont appesantis; elle ne s'éveillera plus. Autrefois nous nous réjouissions quand elle dormait.... Ah! quel souvenir.