Il y a autant de pouvoirs despotiques qu'il y a d'esclaves pour obéir à un seul.
La vertu n'est nullement le principe de la démocratie, puisque c'est le plus mobile et le plus vénal des régimes.—Où est la vertu dans le Vénitien ou dans le Polonais?
L'honneur n'est nullement le principe des monarchies, puisque la servilité et la corruption ont de tout temps régné dans les cours.
La peur n'est nullement le principe des despotismes, puisqu'un vice-roi qui apporte de trois cents lieues sa fortune et sa tête au roi de Perse, ou un pacha au sultan, n'agissent certainement pas par peur, mais par devoir.
Le sentiment du devoir, et de l'obéissance à ce que l'on croit être le droit du commandement, est le principe conservateur de toutes les formes de gouvernement.
Le commandement et l'obéissance, voilà partout le gouvernement.
Le commandement, légitime.
L'obéissance, par convention et par devoir!
XIII
Après avoir parcouru rapidement les propriétés distinctives de ces trois ordres de gouvernement, il en conclut que la république ne convient qu'aux petits États; la monarchie aux médiocres; le despotisme aux grands.