1o Que les électeurs qui le choisissent le connaissent;
2o Que le représentant connaisse le pays, les gens et les intérêts qu'il doit représenter.
Par la seconde, vous évitez les courants, les torrents, les incendies, les fièvres,—les accès de folie.
Ajoutez un troisième point,—l'Assemblée permanente,—plus de vacances, plus de prorogations,—des congés individuels motivés.
Peut-être ces congés pourraient être plus nombreux et plus longs, si, par exemple, en même temps qu'un membre de la droite demande un congé, il s'arrange pour qu'un membre de la gauche et deux membres des centres en demandent un en même temps.
Il va sans dire qu'on surveillera l'insolente et déshonnête bêtise de voter pour les absents.
Encore une autre pierre fondamentale de l'édifice dont je me suis occupé souvent—surtout depuis trois ans,—c'est-à-dire depuis qu'il y a assez de ruines et de démolitions, pour qu'on puisse, sans scrupule, proposer d'édifier quelque chose.
L'impôt.
L'impôt—c'est-à-dire la contribution de tous les membres de la nation aux dépenses publiques,—malgré les critiques, les promesses, etc., a toujours été en augmentant dans une proportion presque fantastique.
Je me souviens encore du temps où, dans ma petite jeunesse, le mot de milliard était, pour les Français,—un mot vague, indéterminé,—comme le sexcenta des latins voulant dire... beaucoup,—un monceau,—un tas,—trop[1]. Quand on nous enseignait l'arithmétique dans les écoles, on nous faisait épeler une fois une longue rangée de chiffres dont le dernier, en comptant de droite à gauche, s'appelait milliard, et de préférence un billion. C'était tout ce qu'on nous en disait, et il n'en était plus question.