Telle autre où on appellerait année funeste, celle où il n'y aurait ni épidémie, ni maladies et où tout le monde se porterait bien.
C'est surtout à l'égard des pauvres qu'on risque d'être injuste, si on n'est que juste, et si on ne met pas, comme un appoint de poids et une tare, la charité dans le plateau de la balance.
Un pauvre demande l'aumône à la porte d'une église,—une femme qui en sort, lui répond: «Dieu vous assiste.
—Madame, dit un passant, vous renvoyez ce pauvre à la Providence; vous ne comprenez donc pas que c'est la Providence qui vous l'envoie.»
De tous temps les artisans de troubles et de séditions ont pris soit «la liberté de tous», soit le «bien public», pour prétexte et pour enseigne.
Sans remonter aux Grecs et aux Romains, chez lesquels, comme le dit Salluste de Catilina et de ses complices:
«Chacun ne songeait qu'à se rendre riche et puissant, sous ombre d'amour du bien public»;
Commines explique, dans ses Mémoires, que dans la guerre que les princes et les seigneurs firent à Louis XI pour «le bien public du royaume», le duc de Berry appelait le «bien public» qu'on lui donnât la Normandie en apanage, et le comte de Charolais entendait par ces mêmes mots de «bien public» qu'on lui livrât les villes sur la rivière de Somme,—Amiens, Abbeville, Péronne, etc.
On s'étonne habituellement de voir les princes, et, à leur imitation, les gens en place, rechercher et aimer les hommes médiocres;—Louis XIV a vendu et livré le secret, en disant à un homme qui lui demandait justice et établissait des droits,—«Il n'y a pas de droits, sous mon règne, tout est faveur.»
Les princes et les hommes en place veulent qu'on leur soit obligé et redevable de tout.—En élevant un homme considérable, ils ne feraient que rendre justice, tandis qu'en protégeant, en comblant un médiocre, ils accordent une grâce qui leur rend l'homme dépendant et servile,—ce qu'exprime très bien la locution assez populaire «se faire des créatures».