A, le code à la main, droit d'être... entretenue;

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Le bonheur légitime... est si cher aujourd'hui,

Qu'on n'ose plus aimer que la femme d'autrui;

Et, pour peu qu'un jeune homme ait d'ordre et de conduite,

Au banquet de l'amour il vit en parasite.

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On raconte du shah de Perse une remarque singulière. «—Qu'est-ce qui vous a le plus frappé dans votre voyage en France? lui demanda une femme.

—C'est notre folie d'entretenir à grands frais des harems où nous nourrissons, habillons, etc., sous la garde d'eunuques, de nombreuses femmes qui ne nous aiment pas et que nous n'aimons guère,—avec lesquelles nous n'éprouvons jamais ni une incertitude, ni une émotion, le désir étant très certainement suivi et quelquefois précédé de la possession,—tandis qu'en France, sans eunuques, sans sérail fermé, chaque Français a ses femmes, son harem éparpillé bien plus nombreux que les nôtres, dans les maisons de ses amis et connaissances; femmes gardées, nourries, habillées par lesdits amis et lesdites connaissances.

Vivant comme je vis, comme j'ai presque toujours vécu, le plus souvent solitaire, à la campagne, dans les bois, sur les plages de la mer, en face des merveilles de la nature,—bien plus grandes encore pour ceux qui les étudient que pour ceux qui ne font que les contempler;—j'ai dû souvent penser au créateur souverain,—jamais, je ne me suis permis de lui donner un corps, ni une forme,—d'en faire un homme agrandi et grossi, de lui attribuer mes idées, mes passions, mes faiblesses.

Me servant des sentiments et de la raison qu'il m'a donnés, et heureux de trouver d'accord et les sentiments et la raison,—j'ai supposé, j'ai cru qu'il est tout-puissant, souverainement juste, souverainement bon,—ces deux dernières qualités dérivant naturellement de la première.